En cette Journée internationale de la femme, ressentons la manière dont les sexospécificités façonnent les migrations

Suisse – L'empathie désigne la faculté d'adopter le point de vue d’une autre personne et de se mettre à sa place, qui est unique, en se gardant de tout jugement et en comprenant bien ses émotions. Cet exercice peut s'avérer difficile quand on est pris dans le tourbillon des délais et des rappels. A l'occasion de la Journée internationale de la femme 2017, l’Unité de coordination des questions de sexospécificité de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a monté une exposition qui invite les visiteurs à un voyage interactif à la découverte des dimensions sexospécifiques de la migration, afin d'encourager leur empathie et leur compréhension de l’importance que revêtent les sexospécificités pour les migrants, quel que soit leur sexe. Cette exposition interactive ouvre ses portes le mercredi 8 mars 2017 au Siège de l'OIM à Genève (Suisse). Les matériaux seront disponibles dans les prochains mois pour les missions qui seraient intéressées d’organiser la même exposition.

Les visiteurs y feront la connaissance de Sachini, originaire d’Alawwa (Sri Lanka), qui est confrontée à des difficultés dans son ménage et à des attentes difficiles à satisfaire de sa famille élargie. Elle a la possibilité, financièrement intéressante, d'émigrer au Koweït pour y occuper un emploi de travailleuse domestique. Cependant, elle a bien conscience des risques et des défis que peut présenter cette entreprise. Si vous étiez Sachini, partiriez-vous au Koweït en laissant votre famille au pays ?

Le marché du travail est différencié selon le sexe : en effet, les femmes sont plutôt présentes dans le secteur des soins et du travail domestique, et les hommes dans celui de la construction.

Les femmes ont davantage tendance à migrer pour fuir une situation ou gagner en autonomie, sans suffisamment réfléchir à certain des pièges potentiels. L'OIM s’emploie à réduire la vulnérabilité, la stigmatisation et la discrimination qui peuvent aller de pair avec des stéréotypes sexistes néfastes à toutes les étapes du cycle migratoire, afin d’améliorer l’autonomie, la confiance en soi et le statut social de tous les migrants.

Ali, originaire de Syrie, nous raconte sa traversée de la Méditerranée jusqu’à Malte, en compagnie d'autres migrants qui l’ont aidé à surmonter ses handicaps physiques. Cependant, une fois établi dans un camp de migrants, Ali est aux prises avec des problèmes physiques qui le rendent extrêmement dépendant d’autrui et l'empêchent d’apporter à sa nouvelle communauté une contribution pleine et satisfaisante. Si vous étiez Ali, auriez-vous ravalé votre fierté et demandé une aide supplémentaire ?

« Ce parcours interactif est important pour ressentir et apprécier réellement tout l'éventail des difficultés sexospécifiques liées aux attentes et aux possibilités des migrants. Nous espérons qu’il ouvrira la voie à des initiatives et à des partenariats multipartites sur l’articulation entre les sexospécificités, la migration et le développement. Surtout, nous espérons qu'elle amènera chacun à réfléchir sur les incidences considérables des sexospécificités sur l’expérience de la migration », dit Theodora Suter, Chef de l’Unité de coordination des questions de sexospécificité de l'OIM.

Nous vous invitons à réfléchir sur l’une ou l’autre de ces expériences en visitant cette exposition. L'Unité de coordination des questions de sexospécificité espère que vous la trouverez instructive et stimulante.